Mardi 30 janvier 2007 2 30 /01 /Jan /2007 02:02
Il me semble nécessaire à l'individu contemporain d'exister sur internet.

Cette nécessité s'est imposée aux entreprises depuis longtemps déjà : une présence virtuelle complète leur existence réelle. Voire : sans avatar, sans prolongation sur l'internet, elles n'existent pas pour une partie de l'humanité (que l'on peut estimer croissante encore).

Les entreprises visent à engranger de l'argent. Quel est le bénéfice d'une existence duale pour l'individu ? Je ne démontre rien, je cherche.

L'avatar, reflet d'esprit

La notoriété aussi. Le processus d'individuation se poursuit par l'exacerbation des singularités sur le réseau mondial. Ce qui permet d'exister dans des sphères géographiquement ou socialement éloignées, mais culturellement ou intellectuellement proches. Existence qui permet éventuellement l'inscription dans des réseaux sociaux alternatifs. Et qui, rêvons un peu, autorise une différenciation toujours croissante des individus, de leurs culture, réflexion, etc. Le danger étant de s'enfermer dans une communauté (réseau social) extrêmement pointue et fermée sur elle-même. Mais la réalité, complémentaire, est là pour pallier cet inconvénient : le hasard y est plus présent, l'émotion prégnante.
Skyblogs ou le moi dans le groupe
Les skyblogs, prémices de cette utilisation sociale de la Toile, restent très ancrés dans le monde réel : on s'affirme et on consolide son réseau réél (sa classe, son collège, son quartier...), bien que celui-ci puisse éventuellement s'étendre par ce biais.
Les blogs ou les sites personnels sont généralement moins ancrés dans la réalité : leur localisation dans le monde réel et leur attachement à une classe sociale sont ramenés au second plan. Bien que (est-ce une déviance ?) la présentation de l'auteur par son CV, son nom, son visage, fournisse une caution d'authenticité (où l'on rejoint le journalisme...) et un gage de vérité (...), recherchés par certains avant même le contenu. Réminiscence de la réalité, où l'interlocuteur possède un corps, une voix (l'écrivain, une photographie, une biographie, le journal, un titre, une ligne éditoriale) ?
Par son blog, l'individu existe alors intellectuellement sur le réseau, de manière plus ou moins abstraite (je laisse de côté les blogs citoyens, type Mon Puteaux, qui procèdent apparemment d'une démarche différente).
S'inscrire dans un réseau d'influences humaines avec Myspace
Les sites de « social networking » ou réseautage social sur le net sont apparus pour renforcer l'existence virtuelle de l'individu, l'inscrire dans un groupe, lui donner des références. Myspace est plus conventionnel que les blogs : il est un reflet à peine déformé des conventions réelles. Il permet à l'individu de se situer dans un réseau social, souvent hiérarchisé : les références culturelles au sommet menant au Myspace individuel ; au centre, l'horizontalité : un anneau du réseau rassemblant ceux qui partagent ces références et/ou qui se connaissent, réellement ou virtuellement. Au niveau inférieur, ceux qui adhérent aux créations de l'individu sans forcément connaître ou partager ses références. Le schéma est caricatural, mais permet à mon sens de montrer que Myspace est bien trop calqué sur la réalité pour perdurer en l'état. D'ailleurs, les artistes, et principalement les musiciens, s'en sont approprié l'usage, et Rupert Murdoch, magnat historique des médias traditionnels, a racheté le portail. Il semble que Myspace soit destiné à devenir une plate-forme de vente de musique d'un nouveau genre (à voir...).  Ce qui condamne son utilisation pour réseautage social.
Narcissisme et nécessité grégaire
La construction d'un réseau social complémentaire des blogs est-elle nécessaire ? A priori, elle n'est porteuse d'aucune plus value artistique ou intellectuelle. Le lien avec les références quotidiennes du blogueur est tracé par les hyperliens des articles, et un succinct annuaire de favoris.
Le réseautage social permet l'accroissement de l'influence de l'avatar. Il donne donc l'illusion de renforcer son existence. L'être éthéré devient solide...
D'une certaine manière, les jeux de rôle massivement multijoueurs jouent de ce fantasme et vendent sa jouissance. L'avatar anonyme gagne de l'équipement, bat des monstres de plus en plus puissants et devient donc remarquable. Il rejoint une guilde. Mais dans ce cas, le réseau social est édifié sur un jeu, pour lequel l'avatar est caricatural. Le jeu se mue parfois en une séance de chat amélioré.  
Le cas Second life
Je n'ai pas essayé Second life, réalité virtuelle sous un miroir déformant, dont la monnaie virtuelle est convertible en US dollars bien rééls. Apparemment dédiée à l'entrepreunariat next-gen, la plate forme est encore réservée à un public de niche (une avant-garde ?). J'y reviendrai probablement dans un article ultérieur.

L'existence binaire comme survivance plurielle

La postérité. Le blog semble être un média de l'éphémère. Idéalement, son auteur poste des articles régulièrement, le plus souvent tous les jours, afin de fidéliser le public volatile de l'internet. Comme il vérifie son courriel, le surfeur parcourt quotidiennement les blogs qui l'ont interpellé. S'il n'y trouve pas d'actualisation fréquente, le visiteur ne revient pas.
Fréquence des articles, donc ; et chacun est précisément daté. L'affichage des posts se déroule dans un ordre chronologique inverse : les plus anciennes pensées sont donc englouties par le flot de la nouveauté. Il est alors intéressant pour l'auteur de tisser un réseau d'hyperliens entre ses articles, à la manière d'un réseau mémoriel.
Mais même l'article unique auquel rien ne renvoie demeure. Il suffit de fouiller...
Ainsi, au fil des mois et des années, se constitue un avatar aux multiples facettes. Le blog est une nouvelle écriture : à la manière du roman, ou du journal intime - dont il est souvent le décalque impudique -, la somme des mots produit l'image d'un être. Mais une image évolutive, qui s'analysera aussi par de nouveaux outils. Un faisceau d'articles inscrit dans une période donnée, auquel plus aucun lien ne renvoie par la suite (sinon en queue d'une arbitraire catégorie, qui peut elle aussi dénoter une époque), peut être révélateur. Tout comme un article auquel l'auteur fait référence pendant des années...
Le blog est encore immature, peu de créations originales ont encore émergé. Aujourd'hui, ce média reste celui du présent, aucun blog ne semble prêt à accéder à la postérité.


Par Christophe Leduc - Publié dans : Réflexions
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Vendredi 26 janvier 2007 5 26 /01 /Jan /2007 16:23
Le Monde note dans son édition du 26.01.07 qu'"un site marchand sur internet est créé toutes les heures en France". Jolie performance dans une France "en voie d'appauvrissement", étouffée par les "carcans (...) des excès de fiscalité, du code du travail, de l'hyper-réglementation", ainsi que la décrit la maîtresse des patrons, Laurence Parisot.
En tant que cyber-consommateur, j'ai remarqué depuis quelques années une multiplication des petites boutiques indépendantes sur la Toile, que ce soit sur des plate-formes très connues, telles qu'Amazon Marketplace, Priceminister ou Ebay, ou sur leur propre site. Cette dernière solution me semble particulièrement adaptée : une échoppe spécialisée basée dans une ville peut pérenniser son activité en offrant ses produits et son expertise au large public de la Toile.
Même chose pour les musiciens ou les labels indépendants du monde entier, qui proposent de plus en plus l'achat  d'albums ou de mp3 directement depuis leur site. Moins d'intermédiaires, plus d'argent pour l'artiste, me semble-t-il. Les solutions telles que Paypal (qui prélève une commission sur la somme versée au vendeur) permettent un achat sécurisé et la conversion aisée de toutes les devises mondiales.
A côté des grands, les petits spécialistes (parfois, seules quelques boutiques d'un pays vendent le produit recherché, des albums notamment) ont donc beaucoup à gagner du commerce électronique.


Par Christophe Leduc - Publié dans : Commentaire d'actualité
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Vendredi 26 janvier 2007 5 26 /01 /Jan /2007 16:13
le coup d'œil du borgne à l'article "Favori des patrons, M. Sarkozy veut aussi séduire les ouvriers" dans le Monde du 26.01.07

Dans un entretien au Meilleur des mondes, Nicolas-nabot a promis aux ouvriers de rang D une dotation gracieuse et quotidienne de 10 grammes de som'haschich. Un bon moyen de s'abrutir dès le retour de l'usine - "c'est beau une usine, non ?" s'enthousiasme le populiste. Non Nicolas, c'est gris, c'est moche et ça pue ; mais des gens y survivent -, et de sombrer dans l'hébétude voire le sommeil noir. Idéal pour "ceux qui se lèvent tôt" !

Par Christophe Leduc - Publié dans : Le coup d'oeil du borgne
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Jeudi 25 janvier 2007 4 25 /01 /Jan /2007 18:10
Une solution simple pour surfer sans publicité : l'extension Adblock plus pour le navigateur Mozilla Firefox. Ensuite, il suffit de s'abonner à une liste de filtres. Le tour est joué, le surf dépollué, c'est simple et efficace.

Par Christophe Leduc - Publié dans : Réflexions
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Jeudi 25 janvier 2007 4 25 /01 /Jan /2007 17:43
le coup d'œil du borgne à un article du Monde Technologies daté du 25.01.07, "Microsoft joue avec l'indépendance de Wikipedia"

N. B. : Un article sur le même sujet a été publié dans l'édition du 26.01.07 du Monde. Il s'intitule "Microsoft veut rectifier des articles de Wikipedia". Le titre est moins critique (plus factuel que commenté ?...), l'article est plus court mais révèle que l'informaticien "pense accepter l'offre de Microsoft" dans le but de "corriger les erreurs" seulement.

Le monstre capitaliste, géant informe, survit en dévorant puis digérant l'ensemble des créations humaines pour nous en arroser - diarrhée inepte et dégradante. Internet, technologie récente, est en cours d'assimilation.


L'édition technologies du Monde consacre un article à la proposition formulée par Microsoft de payer un informaticien pour qu'il corrige un article de Wikipedia.
Alors, avalé par le mercantilisme, ce projet phare de l'internet libre, une encyclopédie participative de référence ?

Les blogs de com' vantant les produits d'une entreprise commencent à apparaître (se rafraïchir la mémoire ici, ou ailleurs). Les médias traditionnels s'en réjouissent (trop tôt), arguant de leur objectivité et de la solidité de leurs sources. De mon côté, je considére de toute façon le blog comme un outil de commentaire (à l'opposé des faits, selon la sacro-sainte dichotomie journalistique). Y-a-t-il un intérêt à raconter sa vie avec tel objet de telle marque ? Non, aucun. Le site traditionnel et surtout le forum restent les meilleurs guides d'achats. Ainsi, l'esclave tend à se percevoir comme un consommateur éclairé, sensation d'un dépassement de sa condition misérable de victime de la pulsion consumériste. Fin de disgressions.

On sent bien le danger de la rémunération des articles de Wikipedia par des sociétés privées. Comme le précise l'article, la charte éthique de l'encyclopédie l'interdit. Mais cette première (à ma connaissance) est symptomatique. L'éditeur de logiciels omniprésent est habituellement omnipotent. Microsoft peut contrôler sa communication dans les médias traditionnels (a fortiori quand il s'agit de corriger des erreurs avérées, comme cela est peut-être le cas dans cette affaire), en cajolant le journaliste ou l'animateur radio-télé, en atténuant un communiqué indépendant critique par une publicité bien choisie, etc. Dans la sphère médiatique actuelle, les plus grands leaders d'opinion sont des généralistes, donc a priori plus sensibles aux propagandes de tous ordres (bien que cela soit discutable, j'y reviendrai peut-être). Peut-il lutter contre une Wikipedia, dont les articles, idéalement, compilent le savoir de tous les spécialistes du sujet ? Il essaie, par cette proposition de contrat à un spécialiste apparemment connu pour sa neutralité (l'invitant à enfreindre les règles de la wiki-encyclopédie...).

L'autre aspect intéressant de cette affaire est économique. Microsoft est prêt à payer la modification d'un article jugé erroné sur un site influent. Il ne s'agit pas d'une dépense publicitaire ordinaire, ni d'un travail de recherche. Même si dans ce cas précis, le but est tout de même "publicitaire" : il s'agit d'un ajustement de l'image de l'éditeur de logiciels.
Cela révèle un mouvement global d'éparpillement des financements, et de complexification des modèles économiques de la publi-communication d'une société, comme du montage d'une entreprise elle-même.
Pour parler de la musique, en ces temps de Midem et de crise de l'industrie du disque (qu'elle crève et que survivent les indépendants), peut-on imaginer une société organisatrice de concerts qui paie pour que l'on parle de ses artistes et que l'on diffuse leurs titres ?...
C'est une idée jetée en l'air... Mais j'ai l'impression qu'il y a quelque chose à déduire de ce type de mécanisme, sans trop savoir quoi.
....
Un site dont les visiteurs - ou un collège d'experts, à discuter - notent la pertinence d'une idée, la qualité d'un écrit, entraînant une rémunération proportionnelle de l'auteur par l'exploitant du site (qui lui, serait financé par des mécènes, idéalement, ou bien par des partenariats avec des revues spécialisées, partenaires et libres d'utiliser et de diffuser les écrits du site) ?


Par Christophe Leduc - Publié dans : Le coup d'oeil du borgne
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