Ondes vieillissantes


Hugues Durocher, journaliste, ancien exécutif d'Europe 1 et de France Info, s'inquiète de l'évolution de la radio, réfléchit à son avenir, et questionne les jeunes.



« Je vais vous faire un portrait apocalyptique de la radio »
, annonce Hugues Durocher en guise d'introduction. Une manière d'enjôler les étudiants de l'IUT de journalisme de Cannes, entassés ce vendredi 10 février dans une petite salle de conférence.
« Période critique », où toutes les radios généralistes, à l'exception de RMC Info, perdent de l'audience...
La radio numérique terrestre, prochain support, n'aura probablement pas l'effet spectaculaire de la libération des ondes dans les années 80.
Le mot d'ordre des dirigeants est d'« attirer les jeunes ». On les comprend, ces 15-25 distraits des ondes : « MSN, l'iPod et les jeux vidéos sont des concurrents sérieux ».
Et dans la société de l'information... « les radios rares qu'on écoutait religieusement n'existent plus ». Le consommateur de news « se choisit son itinéraire, tout le temps » ; sélectionne « [ses] propres rendez-vous en fonction de [sa] propre vie », analyse Hugues Durocher.
Des changements de pratiques bientôt accélérés par l'apparition de nouveaux médias : « Les opérateurs de téléphonie vont le devenir ».

La radio se démarque

« La dépêche brute, on la reçoit partout » ; sur internet notamment, sans pub, à la demande. Le journaliste effectue une « travail d'originalité, de personnalisation – dans le sens donner du style et des infos supplémentaires ».
Sans opinion : « Le journalisme de commentaire emmerde tout le monde aujourd'hui. Et le journaliste qui dit " je pense ça ", il se trompe le plus souvent ». Rappelons qu'AgoraVox, « média citoyen » sur la Toile, s'enorgueillit d'une audience mensuelle de 2,5 millions de pages vues, et d'une équipe de 1 900 rédacteurs.
Le ton radiophonique doit être « assez divers, original et indépendant » pour intéresser l'auditeur à coup sûr, le « scotcher », dit Hugues Durocher. Classique.
Et les radios explorent timidement de nouvelles voies : la podiffusion ou podcasting notamment, qui permet de télécharger automatiquement des émissions sur son baladeur mp3, afin des les écouter à n'importe quel moment. « C'est sûrement une solution » pour lutter contre l'érosion de l'écoute. Mais elle pose « un problème de mesure d'audience »

Ondes vieillissantes


Hugues Durocher, journaliste, ancien exécutif d'Europe 1 et de France Info, s'inquiète de l'évolution de la radio, réfléchit à son avenir, et questionne les jeunes.



« Je vais vous faire un portrait apocalyptique de la radio »
, annonce Hugues Durocher en guise d'introduction. Une manière d'enjôler les étudiants de l'IUT de journalisme de Cannes, entassés ce vendredi 10 février dans une petite salle de conférence.
« Période critique », où toutes les radios généralistes, à l'exception de RMC Info, perdent de l'audience...
La radio numérique terrestre, prochain support, n'aura probablement pas l'effet spectaculaire de la libération des ondes dans les années 80.
Le mot d'ordre des dirigeants est d'« attirer les jeunes ». On les comprend, ces 15-25 distraits des ondes : « MSN, l'iPod et les jeux vidéos sont des concurrents sérieux ».
Et dans la société de l'information... « les radios rares qu'on écoutait religieusement n'existent plus ». Le consommateur de news « se choisit son itinéraire, tout le temps » ; sélectionne « [ses] propres rendez-vous en fonction de [sa] propre vie », analyse Hugues Durocher.
Des changements de pratiques bientôt accélérés par l'apparition de nouveaux médias : « Les opérateurs de téléphonie vont le devenir ».

La radio se démarque

« La dépêche brute, on la reçoit partout » ; sur internet notamment, sans pub, à la demande. Le journaliste effectue une « travail d'originalité, de personnalisation – dans le sens donner du style et des infos supplémentaires ».
Sans opinion : « Le journalisme de commentaire emmerde tout le monde aujourd'hui. Et le journaliste qui dit " je pense ça ", il se trompe le plus souvent ». Rappelons qu'AgoraVox, « média citoyen » sur la Toile, s'enorgueillit d'une audience mensuelle de 2,5 millions de pages vues, et d'une équipe de 1 900 rédacteurs.
Le ton radiophonique doit être « assez divers, original et indépendant » pour intéresser l'auditeur à coup sûr, le « scotcher », dit Hugues Durocher. Classique.
Et les radios explorent timidement de nouvelles voies : la podiffusion ou podcasting notamment, qui permet de télécharger automatiquement des émissions sur son baladeur mp3, afin des les écouter à n'importe quel moment. « C'est sûrement une solution » pour lutter contre l'érosion de l'écoute. Mais elle pose « un problème de mesure d'audience »

Petit précis de journalisme


Gilles Vaubourg, journaliste, directeur régional de France 3 Méditerranée, parle de son métier. Volubile, élégant : un guide à l'attention de son auditoire étudiant.



« Un événement... On va dire que c'est une île : il y a maintes façons de l'aborder. » Comment accoster le propos de Gilles Vaubourg ? Éperonner le costume impeccable du conférencier pédant, qui tente de séduire l'assemblée –  les aspirants journalistes de l'IUT de Cannes, hôtes en ce vendredi 27 janvier – par ses manières et ses tirades à l'imparfait du subjonctif ?
« Trouver l'angle pertinent ne prend pas plus de temps », susurre-t-il. Soit : fonçons alors sur l'analyse de son (beau) discours, une réflexion réelle sur le métier de journaliste.
C'est son domaine : diplômes en poches – anglais, droit et... journalisme –, l'homme a gravité dans le PAF, versant public. Du fauteuil du "20H" de France 2 au Cambodge en guerre... pour grimper jusqu'à la direction d'une agence régionale de France 3 ; hier, la Picardie, aujourd'hui la Méditerranée.

Les cinq sens et le cerveau

« Avoir la curiosité et l'exigence », conditions sine qua non de réussite ; et sans doute « être un peu stakhanoviste », ainsi que se dépeint Gilles Vaubourg.
« Toujours se dire, donc : il y a quelque chose à gratter là. » Pour ne pas rester dans la superficialité, et en arriver à « être décalé par rapport à la réalité ».
Chaque sujet « nécessite une réflexion sur l'angle » ; l'évènement est un cercle, à traverser par une infinité de diamètres. Un axe périphérique, plus court : on rate le problème central. « Avec les exigences de rapidité, le mot "journalisme" est à mettre entre guillemets. » Étrange concession d'un dirigeant de télé... prescrivant à ses subordonnés une célérité « sans approximations ».
Fouiller, parce que « les acteurs d'un évènements ne sont pas seulement ceux qui portent les galons ou sont estampillés syndic', etc. ». Idéalement, la presse est le quatrième pouvoir ; elle contrebalance l'exécutif, le législatif et le judiciaire. D'où l'importance d'éviter le « dérapage institutionnel ».

Tendu vers l'idéal

« Le niveau journalistique auquel il faut placer notre exigence doit être le plus élevé possible », rappelle Gilles Vaubourg. Curieux pour fouiner, le journaliste a « la disposition d'esprit et la formation » pour rendre compte de la réalité. En « racontant des histoires – rien de plus efficace – » basées sur des faits avérés. Des « clés et des infos »  pour amener le téléspectateur à se poser des questions de plus en plus pertinentes. « La pratique du journalisme nécessite de donner du sens à son métier », énonce le directeur. Avec le sermon pour écueil : « Une chose assez insupportable, c'est le "moi je pense que" » imposé par les journalistes.
Au gré des questions qu'il a réclamées aux élèves, imposées à l'une d'entre eux, Gilles Vaubourg a partagé son idéal du journalisme. Énonciation des difficultés actuelles de la profession, interrogations, considérations – « mise en perspective », « pluralisme », « courage », « stratégie prévisionnelle » – forment un manuel buissonnant.
Dont il relativise la portée, par une phrase échappée : « Il peut y avoir une décalage entre ce que l'on dit entre nous [journalistes] et la réalité de ce que l'on produit... »



Publicité

BLoG ?

Défouloir intempestif
Christophe Leduc (?)

Droits d'auteur

Contrat Creative Commons
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus