Act-up Paris publie un article sur la détention provisoire depuis novembre d'un séropositif toulousain - article repris par le webzine alternatif Samizdat,  dont une nouvelle demande de remise en liberté est examinée aujourd'hui.
Ce qui soit dit en passant clôt en beauté l'année 2005, celle du sida fait grande cause nationale, année noire (le bilan).
Les faits, d'abord : l'homme est en prison depuis novembre suite à une plainte de sa compagne, l'accusant de l'avoir contaminée.
Or, chacun dans le couple a découvert sa séropositivité au cours d'un examen prénuptial. Personne ne peut donc savoir qui a contaminé l'autre - si des tiers ne sont pas impliqués, sait-on jamais...
Depuis son emprisonnement, les flics appellent toutes les femmes de son répertoire téléphoniques pour les prévenir qu'il est séropositif (et en prison, sans doute ?). Le droit à garder pour soi ce genre de révélations est bafoué.

L'homme africain est détenu : la femme française a porté plainte en premier (elle qui pourrait être accusée des mêmes maux... ce qui ne se règle en aucun cas devant les tribunaux). Injustice à tous les niveaux : xénophobie et misandrie expliquent peut-être cette détention, qui surtout ne s'appuie sur aucun support juridique. Act-up rappelle que «si l’appel était rejeté, il n’existe pas d’autre voie de droit pour réitérer une demande de remise en liberté. Si les tribunaux français suivaient l’exemple de Toulouse, c’est l’ensemble des 200 000 séropositif(ve)s français(es) qui pourraient être placé(e)s en détention provisoire.»
200 000 personnes, ça fait un sacré paquet... Il faudrait au moins un camp ou un ghetto pour les concentrer, non ? Monsieur le juge ? Messieurs les droitistes ?

Act-up dénonce la tendance à la pénalisation, voire à la criminalisation, de la contamination par le VIH, amorcée il y a quelques années (plus de détails sur leur site web).
Ce mouvement semble confirmer l'abandon par les sociétés de la prévention, au bénéfice de la répression. Ce qui peut paraître cliché gauchiste, mais s'exprime dans d'innombrables domaines : la sécurité routière, les flics dans l'école, le téléchargement sur internet, la répression de la satire (à prévenir par l'honnêteté...), etc.

Il ne peut y avoir de jurisprudence dans le domaine du jugement des contaminations par le VIH -- à la limite des condamnations singulières. Car l'on ne parle pas de délinquance, mais de sexe et d'amour, de relations humaines, de la responsabilité de chacun.
On avait beaucoup parlé d'un séropositif ayant volontairement contaminé deux jeunes femmes, lors de rapports sexuels non protégés. Il a été condamné à Strasbourg à six ans de prison ferme, et à les dédommager à hauteur de 230 000 euros chacune.
Son geste est répréhensible, mais la prévention est l'affaire de tous. Pour s'amuser, chacun doit prendre ses responsabilités, chacun peut imposer le préservatif à un partenaire occasionnel.
Et puis, 6 ans de prison... Certains pédophiles n'écopent pas d'une peine plus lourde, me semble-t-il.

On ne doit pas désolidariser chacun de la lutte contre le sida et de la prévention...
Par de tels jugements, on ne renvoie la faute que vers les malades. Puisque certains sont imprudents, c'est aussi aux autres de redoubler d'attention.

Un article effarant du Courrier international...

Le weekend est enfin là, les jours sont frais et le soleil juste assez présent pour passer un début d'après-midi dans un jardin dégivré...

«On ira faire un tour de barque
On ira déjeuner au parc
On s'embrassera dans le cou
Il y aura tout autour de nous
»
                                                                                    Benjamin Biolay - Les cerfs-volants (Rose Kennedy)

Ca, c'est valable en France. Quoique : attention à la fougue des amours printanières, qui peuvent choquer le puritanisme anglo-saxon habitué à l'intimité chaleureuse et parfois hypocrite d'une chambre close (reproches reçus après de chastes baisés collés-collés sur un banc du Collège international de Cannes...).

En Inde, jeunes amants et couples mariés se retrouvaient sur les bancs du parc Gandhi, dans la petite ville de Meerut. Jusqu'à ce que leurs roucoulades présumées soient interrompues par le bâton des policiers... Bastonnés, les amoureux - et le Courrier de souligner que les agents visaient
«particulièrement les jeunes femmes, au motif qu'elles se comportaient de façon indécente».
Seulement, le dérapage était filmé ; les images ont fait le tour du pays. Maigre consolation, les étudiants de l'université locale ont réchauffé leur coeur transi par l'hiver solitaire en brûlant des effigies de la flicaille.
Eclaire culturel par le Courrier international : ceci
«met en avant le fossé entre les aspirations de la jeunesse à changer la société et les traditions indiennes. Dans un pays où avoir un rendez-vous amoureux est très mal vu, les jardins publics sont les seuls endroits où les jeunes peuvent se retrouver et s'abandonner un peu l'un à l'autre, trouver un semblant d'intimité».

Niaiserie conclusive : bon weekend aux amoureux du monde entier, qu'ils vivent cachés et malheureux ou exaltent leur passion aux  charmes de la nature.
Le combat des femmes avance lentement dans le monde... Hommes, aidez-les, machos, oubliez-les, rétrogrades, disparaissez : les après-midis innocentes à s'bécotter sur les bancs publics sont l'une des respirations essentielles de l'âme.
 
Le Monde reparle ici de la bibibilothèque numérique européenne - le projet avance, bientôt les premiers tests de numérisation.
Vingt-trois bibliothèques nationales adhèrent au projet. Le Portugal (pour raisons techniques) et l'Angleterre (pour raisons politiques), pas encore.
Dans un premier temps, l'objectif sera de proposer les textes fondateurs de la culture européenne.

Le projet est beau, semble nécessaire pour préserver l'indépendance européenne face à Google. Faire exister sur la Toile la littérature, la rendre accessible de partout, facilement et gratuitement, c'est une grande idée.
Mais expliquez-moi comment on peut découvrir dans de bonnes conditions les classiques pavés que sont les Misérables de Hugo, le Don Quichotte de Cervantès, la Divine comédie de Dante, etc. ?
Quant à la poésie.. Le petit livre de poche, corné aux pages adorées, vieilli, annoté, dédicacé, me semble plus... poétique.
Pour les essais les plus courts, les traités divers, pourquoi pas, le bouquinet paraît potentiellement plus adapté.

On nous promet des fonctions de recherche avancée, l'accès à la page dont est extraite une citation. Pour les universitaires, peut-être est-ce une avancée. Mais pour la grand public... va-t-on habituer les élèves à lire en ligne un extrait de roman seulement ?
Peut-être suis-je rétrograde. Peut-être certains PDA ou Tablets PC permettent-ils une lecture électronique aisée. J'en doute. Et l'on n'a pas encore inventé, ou du moins démocratisé, le papier électronique, qui puisse afficher sur un support correct ces oeuvres numérisées.

C'est donc un projet d'avenir. Espérons que las moyens investis ne soient pas déduits d'un autre secteur de la promotion de la lecture, comme les chèques lecture pour les lycéens (offerts par certains conseils régionaux et généraux, notamment dans les Alpes-maritimes), l'aide aux bibilothéques traditionnelles, etc.
Et ne pourrait-on pas commencer par offrir aux jeunes générations de petites bibliothèques "idéales" en poche ? Pour les faire lire dans des conditions idéales, leur permettre une journée à dévorer Maupassant sur une pelouse ensoleillée, loin des soucis du genre "est-ce que je suis connecté en wifi ? est-ce que mon pc/pda/tabletpc a encore de la batterie ? est-ce que je peux être assis, couché, mobile, en lisant ?"

Bref, tout le monde s'engouffre dans la brèche ouverte (médiatiquement du moins) par Google et investit des sommes pharaoniques. Ce qui me semble prématuré, bien que la numérisation prenne un temps fou.

A noter qu'il existe déjà des bibliothèques numériques :
Gallica (la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France)
Wikisource
Ebooks libres et gratuits

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BLoG ?

Défouloir intempestif
Christophe Leduc (?)

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