Dans ce court article du Guardian,  on apprend que des scientifiques sont parvenus à constituer des mamelles de souris à partir de cellules souches -- et de rien d'autre, sinon machines et sciences. Ces mamelles peuvent donner du lait.
C'est la première fois qu'un organe complet est reconstitué. Auparavant, de la moelle osseuse avait été obtenue.

De quoi faire frissonner les fous de science-fiction et la multitude rétrograde.

Cette avancée en précède probablement d'autres, qui permettront de mieux comprendre le cancer, et donc de le prévenir ou de soigner. Elle préfigue aussi la possibilité de greffer des organes constitués "artificiellement" à partir des cellules souches du patient.

Tous s'accordent sur la nécessité d'encadrer de manière stricte les divers domaines de ce que l'on regroupe habituellement sous le terme de clonage. Le clonage thérapeutique et non pas reproductif, est, de manière grossière, la constitution de cellules souches à partir du patrimoine génétique d'un sujet, en vue de soins.
Ceci est une avancée majeure que l'on ne peut que promouvoir. La population vieillit, les cancers et les maladies dégénératives (Alzheimer pour le cerveau...) se multiplient alors que  les gens survivent. Si la médecine peut  "changer les organes",  ou les reconstruire peu à peu, c'est une nouvelle augmentation de l'espérance de vie, et de sa qualité ; le soin possible des maladies du vingtième siècle, celles du vieillissement, et d'autres ; et l'approche du rêve d'une vie éternelle, par régénération constante des organes...
La Grande-Bretagne légalise l'adoption d'enfants pour les couples homosexuels, c'est le Monde qui le dit.
Elle rejoint l'Espagne, la Suède, le Canada et l'Afrique du Sud, seuls pays où elle est pratiquable sans restrictions, tout comme dans le New Jersey, un état des Etats-Unis. Aux Pays-Bas, les homosexuels ne peuvent adopter que des enfants néerlandais. Au Danemark, seulement les enfants nés d'une précédente relation hétérosexuelle de l'un des conjoints.
Globalement, en Europe, les esprit s'ouvrent peu à peu. L'Espagne, pays fortement catholique, que l'on pourrait croire réactionnaire, a créé la surprise.

En plus de faire des heureux, peut-être est-ce une manière de revitaliser la population des pays européens. Au vu des dernières statistiques, on se demande s'il y a encore des hétérosexuels qui ont envie d'élever plus d'un enfant... Les populations vieillissent, et parfois le nombre d'habitants régresse.
Alors, comme diraient les droitistes, vive l'immigration et l'adoption gay !

Plusieurs évènements récents me conduisent à cette question : l'Europe est-elle en train de prendre en main son avenir ? Ou plutôt, de révéler au grand public les premiers résultats d'une exigence de souveraineté technologique...

Un premier pas, d'ordre plutôt symbolique, a été franchi début décembre, avec la création de l'extension des noms de domaines en ".eu" (à lire dans Libération).
Avec quelques dizaines d'années de retard par rapport aux Etats-unis et à leur ".com", après les nations (".fr", ".de", etc.), et après que tous, et en premier lieu les professionnels, se soient rendu compte qu'il faut exister et dans le réél et sur l'internet, l'Europe va exister dans le monde virtuel.
Bien sûr, les Américains gardent le contrôle du web ;  l'Icann, une agence privée californienne (plus de détails), celui de l'attribution des noms de domaine (qui obtiendra tel "nomdedomaine.fr" ou ".com", etc.). L'Europe s'installe sur un premier coin de Toile autonome.

Dans un article du Monde, j'apprends que l'Europe -mystérieuse entité- présentera en janvier 2006 son moteur de recherches, Quaero (
«je cherche» en latin), destiné à concurrencer le puissant américain Google, à l'appétit démesuré. Le projet est conduit par les poids lourds européens du secteur : Thomson, Deutsche Telekom, France Télécom, et d'autres.
A l'heure où beaucoup s'inquiètent du danger d'un monopole de Google sur la recherche, les bibliothèques virtuelles et moult secteurs dans lesquels le géant fourbit ses armes ; quand apparaissent les premières réserves sur l'objectivité et les méthodes de classement des résultats du moteur de recherche (à lire : «Le monde selon Google», dans le Monde diplomatique daté d'octobre 2003, et bien d'autres, plus critiques, que je n'ai pas encore référencés), cette nouvelle est bienvenue.
On peut cependant souligner l'arrivée tardive du futur géant, et remarquer qu'il ne s'est pas construit sans une volonté politique, celle des Etats et des décideurs européens.

Troisième pas récent (lire dans le Monde): le lancement du premier satellite du réseau Galiléo, le futur système de positionnement par satellite destiné à concurrencer le GPS américain, en situation de quasi-monopole dans le monde (la Russie possède un système similaire, Glonass, mais peine à le hisser au niveau de la technologie US).
Cela représente un marché  colossal (pour les professionnels, secouristes, armée, etc. mais aussi les particuliers : GPS dans la voiture...). C'est aussi une garantie d'indépendance : face à un système qui se généralise dans de multiples domaines, l'Europe ne sera plus dépendante du bon vouloir des Etats-Unis, qui pouvaient à tout moment priver un pays du précieux signal.

Il semble donc que lentement l'Europe investisse dans de grands projets d'avenir. Selon le Monde,
«depuis des années, Bruxelles martèle que les Etats européens ne doivent plus dépendre "de systèmes ou de technologies élaborés hors d'Europe pour certaines applications vitales"».
On ne peut que se féliciter du cheminent de l'Union vers l'indépendance dans des domaines clés, tels que l'internet et plus généralement les nouvelles technologies (bien qu'il reste du chemin à parcourir et d'âpres négociations à mener avec les Etats-Unis, le Sommet de Tunis l'a rappelé), ou le spatial. Cependant, notons qu'elle se cantonne la plupart du temps à une position de suiveur.
Il faut alors sans doute se rappeler du mouvement des chercheurs. L'université française est en crise, la recherche l'est sans doute encore plus. Une explication ?...
D'autant plus qu'une recherche  européenne réellement coordonnée, et ambitieuse, peine à se mettre en place.
L'Europe court donc après des USA éternellement en avance, et répond à leurs innovations (parfois estudiantines, comme pour Google) par des conglomérats de ses champions industriels....


Sur le sujet :
Le blog et le webzine des Automates Intelligents réfléchissent notamment à une souveraineté technologique de l'Europe.

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Défouloir intempestif
Christophe Leduc (?)

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