Les enfants aiment Narnia, ils aimeront Jésus-Christ
Polly Toynbee signe un billet d'humeur qui fait grand bruit à propos du message chrétien du nouveau film de Disney, le Monde de Narnia. Elle est éditorialiste pour le quotidien britannique The Guardian (dont tous les articles et archives sont disponibles gratuitement sur le net, initiative à saluer).
Dans le titre déjà, elle accuse le film de «représenter tout ce qu'il y a de plus détestable dans la religion». Vaste programme, que nous allons un peu détailler.
Narnia surfe sur la vague d'or du Seigneur des Anneaux et des Harry Potter (à propos du sorcier propagandiste, lire ceci) : monde fantastique et grandes aventures. Comme les blockbusters sus-cités, la saga (le film qui sort le 21 décembre en France n'en est que le premier volet) originelle court sur plusieurs tomes -- 7 --, écrits par Clive Staples Lewis (irlandais, chrétien convaincu, ami intime de Tolkien -- qui détestait Narnia, selon Ms Toynbee) dans les années 1950.
Le film est globalement bien accueilli par la critique. Aux Etats-Unis, il s'annonce déjà comme un grand succès du box-office... mais pas seulement.
Maman j'ai vu le Christ, il était beau et puissant comme un lion. Tout le monde s'accorde à dire, tout comme Polly Toynbee, que «Narnia est un étrange mixte de magie, de mythe et de christianisme». Le lion, l'un des héros, y est le Christ -- ce que «seule la minorité au fait de l'iconographie chrétienne verra», s'inquiète-t-elle.
Par exemple, dans le film, le lion meurt puis ressucite. Ce qui a le don d'énerver l'éditorialiste : «Après une longue, sombre nuit des pleurs de l'âme et des femmes, le lion est soudain vivant à nouveau. Pourquoi ? Comment ? se demandèrent mes enfants. Hé bien, c'est difficile à dire. Ce n'est pas plus sensé dans le conte de C. S. Lewis que dans les évangiles.» Un personnage se fend d'une explication par la «magie profonde», où, commente Ms Toynbee, «le pur sacrifice seul triomphe de la mort».
Et va plus loin dans le commentaire du film : «Dans Narnia, on retrouve ce christianisme musclé pour l'Amérique, parfaitement Républicain». Ajoutant que le film, comme C. S. Lewis, promeuvent l'idée d'un «Dieu du côté du fort».
En France, combien de parents mèneront leurs enfants au cinéma en connaissant l'idéologie que vante le gentil Monde de Narnia ? Combien sauront capter, expliciter le message du film ? Le plus vraisemblable est que l'ossature évangélisatrice passe inaperçue, noyée sous les images de synthèse chatoyantes. Et que les enfants rêvent longtemps d'une figure christique sous les atours du puissant lion... et qu'ils reçoivent à coeur ouvert, bien préparés, conditionnés dans leur naïveté, le message christique, si possible évangélique et nord-américain. Car comme le disait C. S. Lewis lui-même, son oeuvre a vocation de «rendre plus facile pour les enfants d'accepter le christianisme quand ils le rencontreront, plus tard dans leur vie».
La divine publicité anglo-saxonne. Puisqu'en France, la parole évangélisatrice, surtout dans les divertissements très grand public de Noël -- le traditionnel Disney des vacances de décembre, «profondément manipulateur, comme d'habitude chez Disney», remarque Polly Toynbee -- est plutôt mal percue, le battage médiatique passera sous silence la vocation évangélisatrice du film.
Aux Etats-Unis par contre, Mickey s'est installé sur le parvis de l'Eglise. La promotion du film se fait main dans la main avec les milieux religieux. La Mission America Coalition invite les dirigeants des églises à considérer l'opportunité qu'offre la sortie du film. Jeb Bush, gouverneur de Floride, frère du président émissaire divin, s'arrange en ce moment pour que tous les bambins de l'état lisent le bouquin de Lewis -- entraînant les protestations de l'association Americans United for Separation of Church and State qui défend le premier amendement.
Au Royaume-Uni, Disney a contacté un éditeur évangélique pour promouvoir le message chrétien du film dans les églises britaniques. La radio chrétienne Premier presse les églises de mettre en place des offices sur le thème des évangiles selon Narnia.
Bref, branle-bas de combat autour du film. Disney et les chrétiens se réjouissent d'une telle opportunité, et les partenariats se multiplient donc.
Dans le titre déjà, elle accuse le film de «représenter tout ce qu'il y a de plus détestable dans la religion». Vaste programme, que nous allons un peu détailler.
Narnia surfe sur la vague d'or du Seigneur des Anneaux et des Harry Potter (à propos du sorcier propagandiste, lire ceci) : monde fantastique et grandes aventures. Comme les blockbusters sus-cités, la saga (le film qui sort le 21 décembre en France n'en est que le premier volet) originelle court sur plusieurs tomes -- 7 --, écrits par Clive Staples Lewis (irlandais, chrétien convaincu, ami intime de Tolkien -- qui détestait Narnia, selon Ms Toynbee) dans les années 1950.
Le film est globalement bien accueilli par la critique. Aux Etats-Unis, il s'annonce déjà comme un grand succès du box-office... mais pas seulement.
Maman j'ai vu le Christ, il était beau et puissant comme un lion. Tout le monde s'accorde à dire, tout comme Polly Toynbee, que «Narnia est un étrange mixte de magie, de mythe et de christianisme». Le lion, l'un des héros, y est le Christ -- ce que «seule la minorité au fait de l'iconographie chrétienne verra», s'inquiète-t-elle.
Par exemple, dans le film, le lion meurt puis ressucite. Ce qui a le don d'énerver l'éditorialiste : «Après une longue, sombre nuit des pleurs de l'âme et des femmes, le lion est soudain vivant à nouveau. Pourquoi ? Comment ? se demandèrent mes enfants. Hé bien, c'est difficile à dire. Ce n'est pas plus sensé dans le conte de C. S. Lewis que dans les évangiles.» Un personnage se fend d'une explication par la «magie profonde», où, commente Ms Toynbee, «le pur sacrifice seul triomphe de la mort».
Et va plus loin dans le commentaire du film : «Dans Narnia, on retrouve ce christianisme musclé pour l'Amérique, parfaitement Républicain». Ajoutant que le film, comme C. S. Lewis, promeuvent l'idée d'un «Dieu du côté du fort».
En France, combien de parents mèneront leurs enfants au cinéma en connaissant l'idéologie que vante le gentil Monde de Narnia ? Combien sauront capter, expliciter le message du film ? Le plus vraisemblable est que l'ossature évangélisatrice passe inaperçue, noyée sous les images de synthèse chatoyantes. Et que les enfants rêvent longtemps d'une figure christique sous les atours du puissant lion... et qu'ils reçoivent à coeur ouvert, bien préparés, conditionnés dans leur naïveté, le message christique, si possible évangélique et nord-américain. Car comme le disait C. S. Lewis lui-même, son oeuvre a vocation de «rendre plus facile pour les enfants d'accepter le christianisme quand ils le rencontreront, plus tard dans leur vie».
La divine publicité anglo-saxonne. Puisqu'en France, la parole évangélisatrice, surtout dans les divertissements très grand public de Noël -- le traditionnel Disney des vacances de décembre, «profondément manipulateur, comme d'habitude chez Disney», remarque Polly Toynbee -- est plutôt mal percue, le battage médiatique passera sous silence la vocation évangélisatrice du film.
Aux Etats-Unis par contre, Mickey s'est installé sur le parvis de l'Eglise. La promotion du film se fait main dans la main avec les milieux religieux. La Mission America Coalition invite les dirigeants des églises à considérer l'opportunité qu'offre la sortie du film. Jeb Bush, gouverneur de Floride, frère du président émissaire divin, s'arrange en ce moment pour que tous les bambins de l'état lisent le bouquin de Lewis -- entraînant les protestations de l'association Americans United for Separation of Church and State qui défend le premier amendement.
Au Royaume-Uni, Disney a contacté un éditeur évangélique pour promouvoir le message chrétien du film dans les églises britaniques. La radio chrétienne Premier presse les églises de mettre en place des offices sur le thème des évangiles selon Narnia.
Bref, branle-bas de combat autour du film. Disney et les chrétiens se réjouissent d'une telle opportunité, et les partenariats se multiplient donc.
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