Les mastodontes américains aident la Chine à censurer l'internet

Publié le par Christophe Leduc

Libération parle ici de la censure d'un blog chinois par Microsoft ; celui de Zhao Jing, journaliste assistant du bureau pékinois du New York Times. Il y parlait d'un mouvement de protestation au sein du quotidien Beijing News.
Microsoft joue le bon samaritain, invoquant son respect des lois du pays.  Or, le blog est hébergé sur les espaces d'accueil américains. Hypocrisie...  On suppute l'amical coup de téléphone rouge.

Les sociétés américaines, par fringale pour ce marché émergent, d'un étendue à faire pâlir les plus grands patrons, vont-elles se plier aux bons vouloirs autoritaires du Parti ?

Depuis juin 2004, Google détient 2,6% du moteur de recherche chinois Baidu.com, qui domine le marché domestique... et filtre la Toile au gré des directives du gouvernement. Une part timide, mais nombre d'analystes attendent une prise de contrôle par Google de son homologue oriental, au vu de la boulimie de l'entreprise américaine.
Là encore, par souci de rentabilité, un géant cautionne indirectement la censure de l'internet.

Si les multinationales, pour conquérir un marché prometteur, se soumettent à la censure chinoise, ils se soumettront demain (ou l'ont-ils déjà fait ?) à quelque demande des gouvernements démocratiques occidentaux - américains, européens. Exemple en vogue : dans le cadre de la lutte antiterroriste...
L'utopie libertaire que dessine internet souffre de telles prospectives. Internet permet le pire, -- l'expression des pédophiles, des terroristes et d'autres --, mais c'est un retour à la liberté d'expression, contrepoids aux médias généralistes trop frileux, trop soumis ; ces débordements doivent être sanctionnés par la justice, indépendante, pas par un Etat policier.

Comment lutter ? Par l'information, méthode reine sur la Toile ; par la révélation de tels abus de la part de Microsoft, de Google, d'autres sans doute ; eux, soucieux de leur image, de leurs clients, doivent craindre de perdre de l'argent  à cause d'une image ternie par des dérapages.
Et l'on rêve d'une indépendance de l'Europe sur Internet, non plus soumise aux géants américains, à la vision de Google et consorts, mais proposant ses hérauts, ses propres outils que l'on espère plus libres (sur ce sujet, "L'Europe bouge-t-elle ?" sur ce blog).


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