Bibliothèques numériques - fantômes dans les rayonnages immatériels ?

Publié le par Christophe Leduc

Le Monde reparle ici de la bibibilothèque numérique européenne - le projet avance, bientôt les premiers tests de numérisation.
Vingt-trois bibliothèques nationales adhèrent au projet. Le Portugal (pour raisons techniques) et l'Angleterre (pour raisons politiques), pas encore.
Dans un premier temps, l'objectif sera de proposer les textes fondateurs de la culture européenne.

Le projet est beau, semble nécessaire pour préserver l'indépendance européenne face à Google. Faire exister sur la Toile la littérature, la rendre accessible de partout, facilement et gratuitement, c'est une grande idée.
Mais expliquez-moi comment on peut découvrir dans de bonnes conditions les classiques pavés que sont les Misérables de Hugo, le Don Quichotte de Cervantès, la Divine comédie de Dante, etc. ?
Quant à la poésie.. Le petit livre de poche, corné aux pages adorées, vieilli, annoté, dédicacé, me semble plus... poétique.
Pour les essais les plus courts, les traités divers, pourquoi pas, le bouquinet paraît potentiellement plus adapté.

On nous promet des fonctions de recherche avancée, l'accès à la page dont est extraite une citation. Pour les universitaires, peut-être est-ce une avancée. Mais pour la grand public... va-t-on habituer les élèves à lire en ligne un extrait de roman seulement ?
Peut-être suis-je rétrograde. Peut-être certains PDA ou Tablets PC permettent-ils une lecture électronique aisée. J'en doute. Et l'on n'a pas encore inventé, ou du moins démocratisé, le papier électronique, qui puisse afficher sur un support correct ces oeuvres numérisées.

C'est donc un projet d'avenir. Espérons que las moyens investis ne soient pas déduits d'un autre secteur de la promotion de la lecture, comme les chèques lecture pour les lycéens (offerts par certains conseils régionaux et généraux, notamment dans les Alpes-maritimes), l'aide aux bibilothéques traditionnelles, etc.
Et ne pourrait-on pas commencer par offrir aux jeunes générations de petites bibliothèques "idéales" en poche ? Pour les faire lire dans des conditions idéales, leur permettre une journée à dévorer Maupassant sur une pelouse ensoleillée, loin des soucis du genre "est-ce que je suis connecté en wifi ? est-ce que mon pc/pda/tabletpc a encore de la batterie ? est-ce que je peux être assis, couché, mobile, en lisant ?"

Bref, tout le monde s'engouffre dans la brèche ouverte (médiatiquement du moins) par Google et investit des sommes pharaoniques. Ce qui me semble prématuré, bien que la numérisation prenne un temps fou.

A noter qu'il existe déjà des bibliothèques numériques :
Gallica (la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France)
Wikisource
Ebooks libres et gratuits

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C
Les deux sont complémentaires... Mais les gouvernements souhaitent d'abord numériser "les textes fondateurs de la culture européenne" : de longs romans, de la philosophie... Pas forcément ce qui se prête le mieux à la lecture sur écran.<br /> <br /> Après, je suis sans doute un peu rétrograde vis-à-vis des livres, étant un lecteur régulier de livres de poches, j'y suis sans doute sentimentalement attaché... Et j'ai du mal à tolérer la culture dématérialisée (attachement aux livres, mais aussi aux CD...)
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S
Il faut laisser le temps au temps, comme on dit. Lire un texte sur un ecran d'ordinateur demande un certain entrainement au lecteur; beaucoup ne font jamais cet effort. <br /> Maintenant, c'est vrai, l'e-book semble beaucoup moins poetique que le support papier, mais c'est parce qu'il est base sur la technologie - et trop recent. Qui aurait pense possible, il y a 10 ans, les declarations d'amour par sms?<br /> Le probleme ne vient peut etre pas tant que ca de la commodite d'emploi. J'ai l'impression qu'il y a une fierte (retrograde) a dire que l'on est allergique aux e-books! Pourquoi chercher absolument a les comparer aux livres classiques? Bien sur, tant qu'on aura besoin de PDA ou autres pour pouvoir les consulter, il faudra une pile/batterie pour pouvoir les lire en toute circonstance, bien sur, il faudra au prealable avoir charge le livre sur la machine, voire etre connecte au wi-fi, bien sur, parfois ca se plantera sur une erreur d'acces memoire. Mais un ordinateur et un livre, ca n'est pas le meme objet, et personellement, je suis pret a echanger quelques avantages du livre papier contre ceux de son confrere de silicium.<br /> L'encre electronique existe (http://www.educnet.education.fr/dossier/livrelec/papier.htm) pourquoi n'en entend pas plus parler?
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