Enjeux de l'élection municipale de Nice en 2008
Nice à présent,
élections futures
Nice, appuyée sur sa cuvette montagneuse, ouverte sur la Baie des Anges, est construite en zone sismique.
Aujourd'hui, c'est d'une autre manière qu'elle tremble. Nissa la bella serait sur son déclin... et s'approche de grands bouleversements. Epicentre : les élections municipales de 2008.
Les grands travaux lancés par Jacques Peyrat visent à l'édification d'une ville digne de son rang démographique. 350 000 habitants pour la cinquième ville de France, près de 900 000 si l'on englobe toute l'agglomération, cette métropole côtière.
Pour circuler d'abord : il faut désengorger l'autouroute, la Promenade des Anglais, la commune toute entière. Certains axes voient défiler autant de véhicules que le périphérique parisien. La ville étouffe : embouteillages, pollution, nuisances sonores et stress.
Le tramway en chantier, une seconde ligne et l'interconnexion des bus, trains et tramways à mettre en place : la politique des transports en commun doit ébranler la terre du véhicule personnel roi. UMP et PS adhèrent à l'idée.
Le transport ne règle pas le problème du logement. Nice est peu attrayante : trop chère, inaccessible aux revenus modestes et moyens. Personne ne s'installe dans les tours de béton des quartiers sulfureux. Ceci explique peut-être que la démographie niçoise stagne... voire que son nombre d'habitants régresse légèrement.
La commune souffre d'un problème d'identité : schématiquement, on observe un tiraillement entre opulence et pauvreté. Entre des quartiers prestigieux et des ghettos abandonnés.
Nice est la ville des retraités – 12,7% de plus de 75 ans en 1999, contre une moyenne nationale de 7,7%, et 16,2% contre 13,6% pour les 60-74 ans, mais une cure de jouvence est amorcée.
La cité des riches étrangers et des bourgeois est aussi celle des familles défavorisées et d'un fort chômage, situation de nombre de Maghrébins peu intégrés. Du coup, les ménages de cette ville riche et chère – glamour... – ont un revenu moyen inférieur au niveau national.
Les actifs investiront dans une ville plus équilibrée. Une ville qui requiert aujourd'hui une politique sociale et culturelle pour se construire dans l'ouverture et briser les ghettos.
Le « farniente »
Transport, logement, social... Dernier chantier : l'économie. La part de Nice et de sa communauté d'agglomération dans l'activité économique du département ne cesse de baisser.
Pour le tourisme, secteur économique roi... la crise : là aussi, on observe une baisse constante depuis le début des années quatre-vingt dix de la part du tourisme niçois dans celui du département.
Celui-ci peine à se diversifier... Ne cherchez pas le dynamisme des grandes villes européennes. Traditionnellement, à Nice, on roupille au soleil, on promène son caniche sur la Prom', et les jeunes zigzaguent sur les trottoirs pour marcher à une allure décente. Un restaurant gastronomique, une suite à l'hôtel de luxe pour les actifs en costume et robe du soir. Peu à peu cela change : Nice est prisée par la jeunesse azuréenne (pour ses bars : les discothèques sont à l'Ouest), mais peine à s'ouvrir à d'autres horizons.
Concernant le tourisme de luxe et de congrès, Nice reste coincée entre ses voisines. Le monde connaît Cannes, Monte-Carlo et la French Rivieira, moins souvent Nice.
Ce problème de positionnement de Nice dans l'économie régionale se retrouve dans les autres secteurs. Sophia-Antipolis est l'espace et le label des nouvelles technologies (malgré une faible production industrielle). Comment trouver sa place dans le tissu économique de la mégalopole azuréenne ?
Le BTP, autre domaine d'importance à Nice, connaît aussi la crise. Construction rime avec corruption depuis l'ère de Jacques Médecin.
Une image qui tend à décourager les investisseurs... voire à verrouiller l'économie autour de quelques acteurs historiques, encore proches de l'actuelle équipe municipale.
Commandant, des pirates ! A bâbord, à tribord, on tient le cap ?
Les élections municipales de 2008 représentent un enjeu capital. On se bouscule au portillon, d'ailleurs : près d'une quinzaine de mâles providentiels se verraient bien porter l'écharpe tricolore. Guerres fratricides au sein des grands partis, candidats grands-guignolesques... Nice garde sa spécificité, ses traditions. Et doit jouer avec un nombre important de candidats majeurs.
Culture de droite, histoire de droite et vote à droite... mais les temps changent. Aux dernières élections municipales, en 2001, la liste de gauche plurielle, conduite par Patrick Mottard, a été surprise par son score : 41% des voix. Jacques Peyrat l'a emporté avec 44% des suffrages. Pour 2008, la gauche y croit, sera mieux préparée... et « unie », affirment à présent les deux Patrick du parti socialiste niçois, Mottard et Allemand, deux hommes rivaux. Unie avec la gauche plurielle, comme c'est la tradition dans les conseils municipaux. Quant à la tête de liste, elle sera désignée par le vote des militants du PS, sans doute après les élections législatives de 2007, et par d'autres facteurs – dont le résultat des élections présidentielles.
A droite, l'actuel sénateur-maire Jacques Peyrat briguera son troisième mandat, à l'âge de soixante dix-sept ans. Avec ou sans l'investiture de l'UMP.
Il se pourrait que l'Union pour un Mouvement Populaire lui préfère Christian Estrosi, actuel président du Conseil général des Alpes-Maritimes et ministre délégué à l'aménagement du territoire, grand ami (et partenaire de jogging maritime) de Nicolas Sarkozy. On peut supposer une intrusion des résultats et des candidatures des élections nationales de 2007 dans la vie politique niçoise.
Le Front national et l'extrême droite auront aussi leur mot à dire. Même si à Nice il n'atteint pas les scores qu'il obtient dans des communes plus modestes, ce parti a montré à quel point son succès peut être imprévisible, et sa base électorale stable.
Espoir et ambition pour tous, donc – pour tous les Niçois, en devoir de prendre en main le destin d'une ville qui cherche encore sa voie, en France et dans le bassin méditerranéen. La politique peut alors rallier les forces endormies et contribuer à l'édification d'une ville moderne et rayonnante.
Aujourd'hui, c'est d'une autre manière qu'elle tremble. Nissa la bella serait sur son déclin... et s'approche de grands bouleversements. Epicentre : les élections municipales de 2008.
Les grands travaux lancés par Jacques Peyrat visent à l'édification d'une ville digne de son rang démographique. 350 000 habitants pour la cinquième ville de France, près de 900 000 si l'on englobe toute l'agglomération, cette métropole côtière.
Pour circuler d'abord : il faut désengorger l'autouroute, la Promenade des Anglais, la commune toute entière. Certains axes voient défiler autant de véhicules que le périphérique parisien. La ville étouffe : embouteillages, pollution, nuisances sonores et stress.
Le tramway en chantier, une seconde ligne et l'interconnexion des bus, trains et tramways à mettre en place : la politique des transports en commun doit ébranler la terre du véhicule personnel roi. UMP et PS adhèrent à l'idée.
Le transport ne règle pas le problème du logement. Nice est peu attrayante : trop chère, inaccessible aux revenus modestes et moyens. Personne ne s'installe dans les tours de béton des quartiers sulfureux. Ceci explique peut-être que la démographie niçoise stagne... voire que son nombre d'habitants régresse légèrement.
La commune souffre d'un problème d'identité : schématiquement, on observe un tiraillement entre opulence et pauvreté. Entre des quartiers prestigieux et des ghettos abandonnés.
Nice est la ville des retraités – 12,7% de plus de 75 ans en 1999, contre une moyenne nationale de 7,7%, et 16,2% contre 13,6% pour les 60-74 ans, mais une cure de jouvence est amorcée.
La cité des riches étrangers et des bourgeois est aussi celle des familles défavorisées et d'un fort chômage, situation de nombre de Maghrébins peu intégrés. Du coup, les ménages de cette ville riche et chère – glamour... – ont un revenu moyen inférieur au niveau national.
Les actifs investiront dans une ville plus équilibrée. Une ville qui requiert aujourd'hui une politique sociale et culturelle pour se construire dans l'ouverture et briser les ghettos.
Le « farniente »
Transport, logement, social... Dernier chantier : l'économie. La part de Nice et de sa communauté d'agglomération dans l'activité économique du département ne cesse de baisser.
Pour le tourisme, secteur économique roi... la crise : là aussi, on observe une baisse constante depuis le début des années quatre-vingt dix de la part du tourisme niçois dans celui du département.
Celui-ci peine à se diversifier... Ne cherchez pas le dynamisme des grandes villes européennes. Traditionnellement, à Nice, on roupille au soleil, on promène son caniche sur la Prom', et les jeunes zigzaguent sur les trottoirs pour marcher à une allure décente. Un restaurant gastronomique, une suite à l'hôtel de luxe pour les actifs en costume et robe du soir. Peu à peu cela change : Nice est prisée par la jeunesse azuréenne (pour ses bars : les discothèques sont à l'Ouest), mais peine à s'ouvrir à d'autres horizons.
Concernant le tourisme de luxe et de congrès, Nice reste coincée entre ses voisines. Le monde connaît Cannes, Monte-Carlo et la French Rivieira, moins souvent Nice.
Ce problème de positionnement de Nice dans l'économie régionale se retrouve dans les autres secteurs. Sophia-Antipolis est l'espace et le label des nouvelles technologies (malgré une faible production industrielle). Comment trouver sa place dans le tissu économique de la mégalopole azuréenne ?
Le BTP, autre domaine d'importance à Nice, connaît aussi la crise. Construction rime avec corruption depuis l'ère de Jacques Médecin.
Une image qui tend à décourager les investisseurs... voire à verrouiller l'économie autour de quelques acteurs historiques, encore proches de l'actuelle équipe municipale.
Commandant, des pirates ! A bâbord, à tribord, on tient le cap ?
Les élections municipales de 2008 représentent un enjeu capital. On se bouscule au portillon, d'ailleurs : près d'une quinzaine de mâles providentiels se verraient bien porter l'écharpe tricolore. Guerres fratricides au sein des grands partis, candidats grands-guignolesques... Nice garde sa spécificité, ses traditions. Et doit jouer avec un nombre important de candidats majeurs.
Culture de droite, histoire de droite et vote à droite... mais les temps changent. Aux dernières élections municipales, en 2001, la liste de gauche plurielle, conduite par Patrick Mottard, a été surprise par son score : 41% des voix. Jacques Peyrat l'a emporté avec 44% des suffrages. Pour 2008, la gauche y croit, sera mieux préparée... et « unie », affirment à présent les deux Patrick du parti socialiste niçois, Mottard et Allemand, deux hommes rivaux. Unie avec la gauche plurielle, comme c'est la tradition dans les conseils municipaux. Quant à la tête de liste, elle sera désignée par le vote des militants du PS, sans doute après les élections législatives de 2007, et par d'autres facteurs – dont le résultat des élections présidentielles.
A droite, l'actuel sénateur-maire Jacques Peyrat briguera son troisième mandat, à l'âge de soixante dix-sept ans. Avec ou sans l'investiture de l'UMP.
Il se pourrait que l'Union pour un Mouvement Populaire lui préfère Christian Estrosi, actuel président du Conseil général des Alpes-Maritimes et ministre délégué à l'aménagement du territoire, grand ami (et partenaire de jogging maritime) de Nicolas Sarkozy. On peut supposer une intrusion des résultats et des candidatures des élections nationales de 2007 dans la vie politique niçoise.
Le Front national et l'extrême droite auront aussi leur mot à dire. Même si à Nice il n'atteint pas les scores qu'il obtient dans des communes plus modestes, ce parti a montré à quel point son succès peut être imprévisible, et sa base électorale stable.
Espoir et ambition pour tous, donc – pour tous les Niçois, en devoir de prendre en main le destin d'une ville qui cherche encore sa voie, en France et dans le bassin méditerranéen. La politique peut alors rallier les forces endormies et contribuer à l'édification d'une ville moderne et rayonnante.
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