Conférence de Gilles Vaubourg, journaliste, directeur régional de France 3 Méditerranée

Publié le par Christophe Leduc

Petit précis de journalisme


Gilles Vaubourg, journaliste, directeur régional de France 3 Méditerranée, parle de son métier. Volubile, élégant : un guide à l'attention de son auditoire étudiant.



« Un événement... On va dire que c'est une île : il y a maintes façons de l'aborder. » Comment accoster le propos de Gilles Vaubourg ? Éperonner le costume impeccable du conférencier pédant, qui tente de séduire l'assemblée –  les aspirants journalistes de l'IUT de Cannes, hôtes en ce vendredi 27 janvier – par ses manières et ses tirades à l'imparfait du subjonctif ?
« Trouver l'angle pertinent ne prend pas plus de temps », susurre-t-il. Soit : fonçons alors sur l'analyse de son (beau) discours, une réflexion réelle sur le métier de journaliste.
C'est son domaine : diplômes en poches – anglais, droit et... journalisme –, l'homme a gravité dans le PAF, versant public. Du fauteuil du "20H" de France 2 au Cambodge en guerre... pour grimper jusqu'à la direction d'une agence régionale de France 3 ; hier, la Picardie, aujourd'hui la Méditerranée.

Les cinq sens et le cerveau

« Avoir la curiosité et l'exigence », conditions sine qua non de réussite ; et sans doute « être un peu stakhanoviste », ainsi que se dépeint Gilles Vaubourg.
« Toujours se dire, donc : il y a quelque chose à gratter là. » Pour ne pas rester dans la superficialité, et en arriver à « être décalé par rapport à la réalité ».
Chaque sujet « nécessite une réflexion sur l'angle » ; l'évènement est un cercle, à traverser par une infinité de diamètres. Un axe périphérique, plus court : on rate le problème central. « Avec les exigences de rapidité, le mot "journalisme" est à mettre entre guillemets. » Étrange concession d'un dirigeant de télé... prescrivant à ses subordonnés une célérité « sans approximations ».
Fouiller, parce que « les acteurs d'un évènements ne sont pas seulement ceux qui portent les galons ou sont estampillés syndic', etc. ». Idéalement, la presse est le quatrième pouvoir ; elle contrebalance l'exécutif, le législatif et le judiciaire. D'où l'importance d'éviter le « dérapage institutionnel ».

Tendu vers l'idéal

« Le niveau journalistique auquel il faut placer notre exigence doit être le plus élevé possible », rappelle Gilles Vaubourg. Curieux pour fouiner, le journaliste a « la disposition d'esprit et la formation » pour rendre compte de la réalité. En « racontant des histoires – rien de plus efficace – » basées sur des faits avérés. Des « clés et des infos »  pour amener le téléspectateur à se poser des questions de plus en plus pertinentes. « La pratique du journalisme nécessite de donner du sens à son métier », énonce le directeur. Avec le sermon pour écueil : « Une chose assez insupportable, c'est le "moi je pense que" » imposé par les journalistes.
Au gré des questions qu'il a réclamées aux élèves, imposées à l'une d'entre eux, Gilles Vaubourg a partagé son idéal du journalisme. Énonciation des difficultés actuelles de la profession, interrogations, considérations – « mise en perspective », « pluralisme », « courage », « stratégie prévisionnelle » – forment un manuel buissonnant.
Dont il relativise la portée, par une phrase échappée : « Il peut y avoir une décalage entre ce que l'on dit entre nous [journalistes] et la réalité de ce que l'on produit... »



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