"Les Choristes" ou la France à l'unisson

Publié le par Christophe ***

Toutes les générations se sont unies autour du jeune Morange et de ses camarades, sous la houlette de Gérard Jugnot, le pion sympa. Dans une école de 1949 presque comme les autres, des enfants "difficiles" vont s'évader par le chant ; le petit cancre au coeur tendre deviendra grand en Amérique.

Les plus âgés retrouvent les bancs de l'école d'antan, se régalent de l'atmosphère désuète et des sonneries stridentes ; se voient à nouveau saisir la plume ou chahuter dans les dortoirs. Les plus jeunes de leurs yeux brillants découvrent ces camarades attachants et pas si loin d'eux.
Tous se rassemblent autour d'une chanson ; tous se retrouvent après la projection, sourire aux lèvres, les yeux perdus dans ce passé déjà oublié.

Gérard Jugnot et Christophe Barratier ont concocté là le cocktail parfait : les enfants ; le pion juste et naïf, proche d'eux ; le directeur autoritaire, irascible et violent ; le prof de maths un peu barré, un peu rêveur. Tous susurrent une douce mélopée qui ne peut que flatter des oreilles fermées par la modernité.
On caresse le public, on le flatte ; on le gave de bons sentiments, en frôlant l'indigestion. On sentirait presque le doux parfum des cantines d'époque.
L'atmosphère doucereuse cache des senteurs plus amères. Déjà parce que le film se contente d'une réalisation scolaire et survole des thèmes maintes fois rabâchés. Ensuite parce qu'on peut s'attrister de voir tout un pays fuir vers un passé récupéré et mis en scène.

En ces ères sans repères, on se raccroche à tout; à la facilité surtout. L'école de l'après-guerre est humaine, les élèves sont de petits galopins par voyous pour un sou.
Une école de la vie en rose où les Français se réfugient en ces temps d'éducation malade et de valeurs à l'agonie.
Un film rassembleur qui sent les bonbons et respire la simplicité et "l'authenticité".

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