Goombas [nouvelle complète]
Dans ce monde rêvé, le rythme bondit de sanctuaires en paradis tandis que la naïve mélodie tisse de soie précieuse un fragile cocon. Mario tend avec malice le plateau savoureux de ses ennemis vaincus - ne le refuse pas, c'est son monde qu'il t'offre. L'atmosphère doucereuse du cocon sous pression tourne au bouillonnement de rires et de paroles. Il est temps de s'enfuir, pour ne pas étouffer : la rue t'attend.
Les immenses blocs de pierre et de béton ne sont plus que les jouets somptueux des puissants de ce monde. Sous les yeux des maîtres la multitude s'écoule dans les froides artères, ne trouvant le repos que dans le bain chaud des lumières éclatantes des échoppes.
Il t'est difficile de naviguer à contre-courant, mais la poursuite de ton périple est à ce prix. Tu dois être roc pour briser la déferlante et tu dois être éponge pour t'imprégner du précieux sang.
Trouver l'être matrice d'une tribu de clones ; pourchasser l'unique avec avidité. La vie charrie son torrent d'existences glacées ; l'oeil averti, seul, peut remonter à la surface les trésors enfouis.
Une sorcière bossue, manteau noir et foulard pourpre, trottine et te dépasse. La vieille merveilleuse a les yeux pleins de contes pour rassurer les enfants effrayés : tu t'approches pour lui parler, mais ses poireaux poilus t'épouvantent. La poudre d'escampette seule apaise ta couardise, et tu poursuis ton odyssée.
Les groupes et les couples déambulent dans ton champ de vision ; vois comme ils se ressemblent ! Ces trois-là aiment la fourrure et les chapeaux; c'est avec leur caniche qu'ils se promènent nonchalemment, dans une nébuleuse de fragrances.
Complets Sergio Tacchini bigarrés avec casquettes et bonnets, une bande d'adolescents joue à hurler dans un porte-voix urbain improvisé.
Un couple juvénile apparaît : lui a le crâne rasé et les oreilles trouées, elle a l'arcade percée et un brillant sur le nez. Tous deux dépassent d'une tête la foule ramassée ; ils ont les joues creusées, le regard vif et le pied leste. Avec leurs vêtements ordinaires et usés, on pourrait bien ne pas les remarquer : ils s'en délectent, peuvent prolonger leur aparté.
Modeste témoin solitaire de ces existences liées, prends garde à ne pas y rester enchaîné. La longue descente de l'avenue rectiligne t'a épuisé. Tu tournes, cherches à sortir; une traverse ombragée s'est vidée : tu t'y engouffres, mais l'échappatoire devient morne couloir.
Demi-tour ; tu te fonds à nouveau dans la masse l'espace d'un instant, pour mieux t'esquiver à nouveau. Une brève escapade dans les bois de la ville, et la magie, enfin, se détache avec faste de l'illusoire clarté citadine...
La grande roue pavane dans son halo multicolore, élevant ses cinquante mètres de carcasse métallique au-delà des paraboles dérisoires.
Lâche, la saleté disparaît en rampant dans les ruelles obscures, fuyant l'irradiante bienveillance de la fée Nedermo.
L'image se précise ; le manège d'or se love dans les guirlandes barbe à papa.
Un chiffon froissé, un jeton de plastique et enfin tu prends tes aises dans la nacelle.
Tes yeux brillants d'ingénuité, la machinerie s'active : tu es fin prêt à décoller.
Une lente montée vers des cieux dégagés...
Du bout des doigts brûle-toi aux flammes intelligibles
Les immenses blocs de pierre et de béton ne sont plus que les jouets somptueux des puissants de ce monde. Sous les yeux des maîtres la multitude s'écoule dans les froides artères, ne trouvant le repos que dans le bain chaud des lumières éclatantes des échoppes.
Il t'est difficile de naviguer à contre-courant, mais la poursuite de ton périple est à ce prix. Tu dois être roc pour briser la déferlante et tu dois être éponge pour t'imprégner du précieux sang.
Trouver l'être matrice d'une tribu de clones ; pourchasser l'unique avec avidité. La vie charrie son torrent d'existences glacées ; l'oeil averti, seul, peut remonter à la surface les trésors enfouis.
Une sorcière bossue, manteau noir et foulard pourpre, trottine et te dépasse. La vieille merveilleuse a les yeux pleins de contes pour rassurer les enfants effrayés : tu t'approches pour lui parler, mais ses poireaux poilus t'épouvantent. La poudre d'escampette seule apaise ta couardise, et tu poursuis ton odyssée.
Les groupes et les couples déambulent dans ton champ de vision ; vois comme ils se ressemblent ! Ces trois-là aiment la fourrure et les chapeaux; c'est avec leur caniche qu'ils se promènent nonchalemment, dans une nébuleuse de fragrances.
Complets Sergio Tacchini bigarrés avec casquettes et bonnets, une bande d'adolescents joue à hurler dans un porte-voix urbain improvisé.
Un couple juvénile apparaît : lui a le crâne rasé et les oreilles trouées, elle a l'arcade percée et un brillant sur le nez. Tous deux dépassent d'une tête la foule ramassée ; ils ont les joues creusées, le regard vif et le pied leste. Avec leurs vêtements ordinaires et usés, on pourrait bien ne pas les remarquer : ils s'en délectent, peuvent prolonger leur aparté.
Modeste témoin solitaire de ces existences liées, prends garde à ne pas y rester enchaîné. La longue descente de l'avenue rectiligne t'a épuisé. Tu tournes, cherches à sortir; une traverse ombragée s'est vidée : tu t'y engouffres, mais l'échappatoire devient morne couloir.
Demi-tour ; tu te fonds à nouveau dans la masse l'espace d'un instant, pour mieux t'esquiver à nouveau. Une brève escapade dans les bois de la ville, et la magie, enfin, se détache avec faste de l'illusoire clarté citadine...
La grande roue pavane dans son halo multicolore, élevant ses cinquante mètres de carcasse métallique au-delà des paraboles dérisoires.
Lâche, la saleté disparaît en rampant dans les ruelles obscures, fuyant l'irradiante bienveillance de la fée Nedermo.
L'image se précise ; le manège d'or se love dans les guirlandes barbe à papa.
Un chiffon froissé, un jeton de plastique et enfin tu prends tes aises dans la nacelle.
Tes yeux brillants d'ingénuité, la machinerie s'active : tu es fin prêt à décoller.
Une lente montée vers des cieux dégagés...
Du bout des doigts brûle-toi aux flammes intelligibles
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