"L"
Le lit de ma vie se love dans un coin de ma chambre à La Gaude. Je m'y sens bien - apaisé. Le black metal hurlant de mon adolescence a fait trembler ses murs. Ils l'ont vaincu et se délectent désormais de la mélancolie électronique et des senteurs thé vert.
Ce lit ne me fait plus rêver, je suis parti ailleurs pour vivre mes fantasmes.
Il y a trois ans, j'ai quitté le nid pour mon premier lit de grand, un immense "deux places". Pour les soirées, il se muait en canapé.
Il a souffert, cette année-là. Les taches d'alcool, les trous de boulettes et les brûlures de cigarettes l'ont salement amoché. Lilith s'y est posée, une ou deux fois, mais son corps pesait trop lourd : elle ne l'a pas soigné.
Souvent à cette époque, je l'ai quitté pour un autre, une pièce maîtresse. La nuit j'étais piégé dans la toile éthérée d'une musicienne diabolique. Mes journées je les brûlais sur les bancs du lycée, épuisé, blessé, ivre d'un sommeil sans rêve.
Quand je suis éreinté, le pieu gaudois m'offre alors la petite mort que je désire. Le lit devient chimère que je chevauche vers les mondes infinis...
Ce lit ne me fait plus rêver, je suis parti ailleurs pour vivre mes fantasmes.
Il y a trois ans, j'ai quitté le nid pour mon premier lit de grand, un immense "deux places". Pour les soirées, il se muait en canapé.
Il a souffert, cette année-là. Les taches d'alcool, les trous de boulettes et les brûlures de cigarettes l'ont salement amoché. Lilith s'y est posée, une ou deux fois, mais son corps pesait trop lourd : elle ne l'a pas soigné.
Souvent à cette époque, je l'ai quitté pour un autre, une pièce maîtresse. La nuit j'étais piégé dans la toile éthérée d'une musicienne diabolique. Mes journées je les brûlais sur les bancs du lycée, épuisé, blessé, ivre d'un sommeil sans rêve.
Quand je suis éreinté, le pieu gaudois m'offre alors la petite mort que je désire. Le lit devient chimère que je chevauche vers les mondes infinis...
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