Harry Potter propagandiste
| Enfin ! J'ai trouvé un homme, Serge Tisseron, psychanalyste et psychiatre, qui émet quelque réserve sur le dernier volet cinématographique des aventures d'Harry Potter : la Coupe de feu. Dans cet article, intitulé "Cruauté ordinaire", paru dans le Monde Diplomatique daté du mois de décembre, l'auteur s'étonne de voir l'élite des pédagogues de l'école, «qui incarnent l'autorité parentale» envoyer Harry Potter, 14 ans, à un tournoi réservé aux meilleurs élèves de plus de 17 ans, sur ordre d'une coupe magique -- qui est facile à truquer, tout le monde le sait. Sachant que l'échec à une épreuve signifie la défaite et la mort. Pas d'alternative possible, «comme si une situation non prévue par le règlement ne pouvait pas se produire», souligne M. Tisseron. Une symbolique douteuse : la loi, même truquée par un législateur rusé, n'admet pas discussion. L'auteur va plus loin : «Nous sommes là au coeur de l'inhumanité ordinaire. (...) Elle est une violence sans état d'âme qui se pare des vertus de l'obéissance, voire de la défense de la civilisation.» Et pas un adulte dans le film ne s'insurge contre ce règlement meurtrier, rappelle-t-il. Comme une odeur nauséabonde «de préparation des spectateurs à accepter de grands sacrifices, voire une certaine inhumanité, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ?» Et reviennent les premières images du films, explosions, champs de cendre -- pour des enfants nés avant 2001. | Harry Potter sur son trône domine les rêves des enfants... (dessin trouvé sur le site d'Eleonora, une jeune fan italienne) ![]() |
La politique expansionniste américaine ne s'est jamais cachée de son goût pour la culture de masse afin d'endoctriner les foules. Après quelques décennies de propagande US, les premiers créateurs étrangers commencent à reprendre son idéologie -- sciemment ou pas. Ainsi, partout rayonnent les valeurs américaines, acceptables, ou pas.
Harry Potter est peut-être le premier fils culturel de la Vieille Europe (anglaise, tout de même) avec les USA. Peut-être pas. Quelle importance : il y en a, il y en aura.
Le sorcier, avec le succès qu'on lui connaît, va influencer la perception du monde de plusieurs générations. Des enfants, des adultes ne lisent que ces romans. Ils voient ensuite les films, les relisent et les revisionnent à l'envi, en discutent des heures. S'imprègnent alors peut-être d'idées abjectes.
L'analyse de Serge Tisseron prend une teinte particulière aujourd'hui, quand on parle des prisons secrètes de la CIA autour du monde, de zones franches hors législations où la torture est tolérée contre les terroristes islamistes. En ces années où la liberté et le pétrole valent bien une guerre.
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