Editorial (à l'occasion du 18ème Festival du livre de Mouans-Sartoux)

Publié le par Christophe Leduc

Le Festival du livre de Mouans-Sartoux s'est tenu du 7 au 9 octobre dans la petite ville azuréenne. Les étudiants de l'IUT de journalisme de Cannes, dont je fais partie, ont réalisé un quotidien gratuit pendant les trois jours de l'évènement. J'ai écrit l'éditorial qui suit pour le numéro un, sur le thème du Festival : "Penser la Terre, décrocher la lune".


Si les guerriers fraternisaient.

Si les amants partout papillonnaient sans que la sainte Morale fût invoquée pour les empêcher de s'aimer.

Si la Terre que l’on dit globalisée, mondialement reliée, l’était par la pensée, par l’amitié et pas seulement par des réseaux économiques.

Si les femmes invisibles s'affichaient, si les épouses battues par un connard universel hurlaient, si leurs voisins du monde parlaient au lieu de cautionner par leur lâcheté.

Si les pantouflards livides tendaient l'oreille – la main, le coeur dessus, battant enfin – aux râles des sidéens agonisants, des orphelins qui crèvent la dalle, des gamins embrigadés par les prêcheurs de tous les désespoirs ; et aux murmures des oubliés...

Si la ville mutante, machine colossale à diluer les âmes dans l'amertume du capital, n'était devenue jungle mécanique vomissant moult poisons létaux dans les entrailles de Gaïa, sur sa peau douce aux senteurs hier fruitées, son aura de beauté aujourd'hui condamnée à déchoir.

Si l’on pensait la Terre par une utopie...

Les ailes du songe, des nébuleuses vénusiennes nous portent jusqu'à la lune proche ; c'est ici que le rêveur paresse – décrochons-le : la Terre le réclame.


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